Ainsi je balbutiais mes premiers monstres

Tout public

The Jabberwocky

The Jabberwocky est un poème écrit par Lewis Carroll et figurant dans De l'autre côté du miroir (1871). A travers ce poème, Carroll réinvente la langue par l'utilisation de "mots-valises", ce procédé inspirera plus tard des grands noms de la littérature tel que Artaud ou Queneau. Cette langue "malmenée" deviendra un véritable casse tête pour les traducteurs et un objet de fascination pour le public.

 

Vous l'aurez compris, c'est évidemment ce poème qui inspirera le nom de notre jeune collectif bordelais. 

L'histoire

Au départ, il y a deux univers. Celui d'Alice et de ses personnages merveilleux et dénués de sens commun (tirés de l'oeuvre de Lewis Carroll) ; et puis celui de Maëlle, une comédienne qui participe à la création d'un spectacle. Chacun des deux univers est un récit initiatique pour une recherche de vérité autre et de pureté réelle. Deux personnages Bonnet-blanc et Blanc-bonnet, ou Enrique et Nicolas, emmènent Alice/Maëlle affronter ses peurs et révéler ses monstres.

 

A l'endroit de notre travail et par l'axe énoncé plus haut nous explorons des thèmes et manières d'être. Les trois principales notions qui vont porter notre travail seront la monstruosité, le reflet et la langue comme « son » aux origines du langage et de son évolution. 

Intention

Faire resurgir aujourd'hui un texte presque oublié peut paraître vain, et pourtant... En s'attaquant à ce poème, notre collectif souhaite envisager la langue et le "dire" d'une autre manière. Nous souhaitons expérimenter de manière corporelle et sensorielle ce matériau brut, cette poésie faite d'imaginaire et de non-sens, ce langage qui oublie l'intellect et se laisse aller à sa musicalité.

 

C'est dans une dynamique de recherche et de questionnements actifs autour des différentes traductions de Jabberwocky, que notre collectif tentera une approche artistique et spectaculaire du langage poétique de Carroll. Nous ne voulons pas penser le texte, nous voulons le manger, puis le cracher pour faire apparaitre cette créature mystérieuse, objet de fascination, monstre intouchable qui n'apparaît que dans l'interstice très étroit entre le comédien et le spectateur.

 

Le collectif souhaite traiter sa mise en scène sur deux "niveaux" : Le premier consiste dans l'expérience pure de la langue (comme expliqué plus haut) à travers les différentes possibilités du corps (parlé, chanté, dansé, immobilité, choeur, etc).

 

Le second marquera, quant à lui, les difficultés et les obstacles rencontrés par les comédiens eux-mêmes. En mettant en exergue les embûches liées à la conception, à la création, et au temps d'expérimentation d'un objet artistique vivant. Ce second niveau de théâtralité, plus "léger", traité avec dérision, témoignera de la faiblesse et des doutes d'un jeune collectif d'artistes. Comment envisager le "travailler ensemble" ? Comment appréhender avec raison le dit "lâcher-prise" ? Comment parler d'un spectacle en dehors du spectacle lui-même ? 

Ainsi je balbutiais mes premiers monstres

 

Mise en scène : Collectif Jabberwock 

Interprétation : Maëlle Gozlan, Nicolas Beaufort et Enrique Blain

Lumières : Maxime Perrin

 

Avec le soutien de : La Manufacture Atlantique, Le Conservatoire de Bordeaux et Le Théâtre des Chimères